Diwali. Que la Lumière soit !

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A partir de demain, 17 octobre, sera célébrée en Inde l’une des fêtes hindoues les plus connues : Diwali (ou Deepawali, du sanskrit « Deepa » : lumière ; et « Awali » : alignement), la fête des Lumières.

On peut voir en Diwali l’équivalent des Saturnales, ces réjouissances populaires qui avaient lieu dans l’Antiquité en l’honneur de la Lumière personnifiée par la divinité indo-iranienne Mithra, dont le culte était prégnant dans l’empire romain des premiers siècles de notre ère. Bien d’autres fêtes païennes divinisant la Lumière ont également été célébrées dans de nombreuses cultures à l’approche du Solstice d’Hiver jusqu’à ce qu’elles aient été habilement remplacées par la fête de Noël dans un but de conversion du peuple au Christianisme.

Lors de cette fête célébrée aux alentours du jour le plus court de l’année, on calcinait sous la flamme de la Lumière tout ce qui représentait le Mal afin de connaître le Renouveau, la Renaissance de la Lumière qui – dans les jours suivants – commencerait à réapparaître (le Solstice d’Hiver étant passé, les jours rallongeraient).

Et c’est bien cette même Lumière, ce même feu – représentée plus tard sous la forme de l’étoile du berger pour symboliser la naissance du Christ (Noël) – au sein duquel sont brûlés les péchés des Hommes (mercredi des Cendres) afin que ceux-ci soient sauvés grâce à la résurrection / renaissance du fils de Dieu (Pâques).

Autre culture, autre divinité, en Inde, Diwali est consacrée à la déesse Lakshmi, pendant féminin de Vishnu, symbole d’abondance et de prospérité. Et contrairement à Noël, ce n’est pas une pseudo-divinité (efflanquée d’une fausse barbe et déguisée en rouge et blanc) qui descend du ciel (à dos de rennes) pour offrir des cadeaux aux petits humains, c’est l’inverse : ce sont les humains qui apportent des cadeaux à Lakshmi pour la remercier pour les grâces obtenues tout au long de l’année qui s’achève et dans l’espoir de les attirer à nouveau pour l’année à venir.

Ainsi, les enfants et leurs parents se rassemblent dans les temples autour des représentations de la déesse (dessins, peintures, gravures, sculptures, …) auxquelles ils présentent leurs Puja (offrandes et prières). Ils allument également des rangées de luminions scintillants de sorte à éteindre l’obscurité et font résonner les bruits joyeux de pétards pour faire taire les ténèbres.

Les festivités sont étalées sur cinq journées. Cette année, celles-ci auront lieu du 17 au 21 octobre.

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Krishna et Lakshmi à l’honneur lors de Diwali.

Treize jours après la première pleine lune suivant le Solstice d’Automne, on célèbre Dhanteras (Dhan Trayodashi) la naissance de Sri Lakshmi. La tradition consiste à acheter quelque chose de neuf pour la maison (vaisselle, objet de décoration, meuble, etc.) afin de solliciter la bénédiction de la déesse Lakshmi sur le foyer.

Le lendemain, Narak Chaturdashi commémore la victoire de Krishna (avatar de Vishnu, époux de Lakshmi) sur le démon Narakasura, il s’agit ici d’un symbole fort du triomphe du Bien sur le Mal.

Le troizième jour, jour de la nouvelle lune ou « jour sans lune », Diwali brille de mille feux pour la Lakshmi Puja (évoquée plus haut, cf. article qui lui est consacré : ici). Les offrandes sont également destinées à Ganesha (avatar de Vishnu à tête d’éléphant, cf. histoire de Ganesh dans l’article qui lui a été consacré ici : La naissance de Ganesh, de l’impur au divin), pourvoyeur de bonne fortune et bonne augure. Diwali sera fêtée cette année le jeudi 19 octobre 2017.

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Offrandes à Ganesh

Le jour suivant, Bali Padwa, représente le nouvel an (Navu Varsh) du calendrier Vikram (Nord de l’Inde). Cela constitue la métaphore du Renouveau, l’espoir de vivre à l’avenir en Paix, dans le Bien et l’Amour. C’est aussi le jour de Gudi Padwa, la préservation du caractère sacré de l’union entre l’homme et son épouse. C’est en réalité un clin d’œil à l’une des origines de Diwali : après quatorze années d’exil, ayant vaincu le démon Râvana (symbole du Mal), les époux Râma et Sita, représentants l’idéal de l’harmonie conjugale, fûrent accueillis par les leurs sur un chemin jalonné de luminions.

Enfin, le cinquième et dernier jour, Bhai Bij (Bhai Tika) est l’occasion de fêter l’amour pur, désintéressé et inconditionnel entre frères et sœurs, qui est l’allégorie du fruit de l’amour du couple divin fondé par Râma et Sita.

D’une approche plus subtile, en cette période où les jours sont plus courts, la lumière du soleil se fait certes plus rare et moins intense. Mais…

La Lumière dont il est question est moins la lumière extérieure que la Lumière intérieure…

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Et on ne parle pas ici de l’électricité sur laquelle on ne peut pas toujours compter avec certitude pour éclairer sa maison lorsque l’on vit en Inde… (les coupures de courant y étant fréquentes).

Non, pour les Hindous, Diwali représente le pouvoir de la Lumière qui réside en chacun de nous.

Elle incite en fait à ne pas chercher au-dehors de nous-même ce qui est en fait déjà présent en nous-même, l’idée étant que la Source de notre Bonheur n’est nulle part ailleurs que dans notre propre Cœur.

Puisque les jours sont parfois clairs, parfois sombres ; puisque les expériences sont parfois heureuses, parfois décevantes ; puisque ceux qui nous entourent parfois nous aiment, et parfois non ; …, Diwali invite à prendre conscience que, l’extérieur n’étant pas en mesure de nous procurer une lumière et un bonheur constants, le mieux est encore de rechercher et de trouver cette Lumière et ce bonheur dans la seule chose que nous pouvons maîtriser un minimum… : nous-même.

Or, allumez une bougie près d’une lampe halogène, la flamme de votre bougie se fond tellement dans le décor aveuglant que personne ne s’aperçoit de la faible petite flamme.

Allumez cette même petite bougie lors d’une nuit sans lune (jour de Diwali, nouvelle lune), à l’écart de toutes les lumières de la ville et là – Magie ! – la flamme paraît immensément et abondamment vivante. A elle seule, elle vous procure la précieuse lumière qui permettra d’éclairer chacun de vos pas, vous évitant ainsi de trébucher sur les obstacles que Gansesh vous aidera à éviter.

Diwali, c’est cela. L’éblouissante puissance de notre flamme intérieure lorsque les ombres autour de nous nous font avoir peur, hésiter, voire sombrer.

Diwali symbolise la victoire de la Lumière sur l’Obscurité, de l’Ordre sur le Chaos, du Bien sur le Mal : de nos jugements, de nos craintes et de notre ignorance, triomphent la bienveillance, la confiance et la clairvoyance.

(Article originellement publié ici sur Yoganova magazine)

***

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तमसो मा ज्योतिर् गमय

Tamaso Ma Jyotir Gamaya

Puissions-nous être conduits de l’obscurité à la Lumière !

Happy Diwali à chacun, à chacune, à tous et à toutes !

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Photos :

– Figurines de Krishna et Lakshmi en bois de santal, Mysore, Karnataka, Inde (août 2016)

– Offrandes à Ganesh, Daksha Mahadev Temple, Haridwar, Uttarakhand, Inde (mars 2014)

– Puja, Daksha Mahadev Temple, Haridwar, Uttarakhand, Inde (mars 2014)


7 réflexions sur “Diwali. Que la Lumière soit !

  1. Elle est jolie cette conclusion pour parler de cette fête :  » Diwali, c’est cela. L’éblouissante puissance de notre flamme intérieure lorsque les ombres autour de nous nous font avoir peur, hésiter, voire sombrer.
    Diwali symbolise la victoire de la Lumière sur l’Obscurité, de l’Ordre sur le Chaos, du Bien sur le Mal … »

    Aimé par 1 personne

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