L’apprenti yogi qui voulait se faire aussi gros qu’un buffle

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Dans une caverne de l’Himalaya, vivaient un maître yogi et l’élève qui suivait son enseignement.
Chaque jour, ils se réveillaient avant le lever du soleil pour pratiquer des asanas et chanter des mantras.
Ils priaient le Divin de leur donner la connaissance suprême et le détachement du monde.
Ils méditaient ainsi quotidiennement au moins une heure ensemble.

Le maître yogi aimait son élève comme un fils, c’est pourquoi il était très exigeant avec lui : il voulait lui faire connaître le goût de la paix intérieure et l’absorption dans l’Infini.

Un matin, le maître yogi remarqua que l’attention de son élève était distraite, il lui demanda alors :
– Pourquoi n’es-tu donc pas concentré sur ta pratique, à quoi penses-tu ?

– Maître, mon esprit est diverti par un buffle que j’ai vu hier sur la colline. Je ne cesse de me demander à qui pourrait-il bien appartenir ? Qui le conduit là le matin, qui vient le rechercher le soir ? A quoi occupe-t-il sa journée dans cette solitude ?


Entendant cela, le maître yogi se leva, prit son élève par la main et l’installa à l’intérieur d’une caverne voisine où il avait rassemblé des herbes fraîches.
Puis il scella l’entrée de la caverne avec une grosse pierre afin que l’élève ne puisse pas en partir.
– Mon fils, maintenant tu as toute la journée pour penser à ce buffle !

Le lendemain, le maître dégagea l’entrée de la caverne et interrompit la méditation de son élève en lui demandant :

– Mon fils, que fais-tu ?

– Depuis hier, je nourris le buffle avec les herbes et je le lave avec l’eau de source. Puis-je sortir à présent ?

– Non, concentres-toi encore davantage !

Le deuxième jour, le maître revint dans la caverne où se tenait toujours son élève, assis en lotus, paupières closes.
Il lui demanda à nouveau :
– Mon fils, que fais-tu ?
– Eh bien, Maître, je suis occupé à brouter avec le buffle sur la colline. Puis-je sortir à présent ?
– Non, concentres-toi encore davantage !

Le troisième jour où le maître rendit visite son élève, il lui demanda à nouveau :
– Mon fils, que fais-tu ?
Mais, pour toute réponse, l’élève put seulement beugler :
– Mmmmmmmmmmmmmm…
– Fils, maintenant tu peux sortir. Par ta concentration absolue, tu connais à présent la méditation véritable.

Libre adaptation d’un conte entendu en Inde

***

Par la pratique de Dhâranâ, la concentration soutenue et continue, le pratiquant parvient à entrer dans la pure méditation : Dhyâna.

Celle-ci est l’absorption intégrale du méditant dans l’objet de méditation : le méditant et l’objet de méditation ne font alors plus qu’un.

C’est pourquoi il n’est pas inutile de bien réfléchir à l’objet de méditation que l’on choisit… 😉

***

 

Photo : Buffle (ou bien apprenti yogi devenu buffle 🙂 ), Padli Gujjar, Uttarakhand, Inde (mars 2014)


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