Fenêtre ouverte vers l’Au-Dedans

« Nous voyons pour que le monde nous accueille, que tout devant nous se baisse et se couche pour nous laisser passer.

Nous avançons et tout s’écarte pour nous faire entrer dans le monde comme le corps s’est allongé et écarté pour nous faire naître.

Si nous fermons les yeux, tout se refermera sur nous comme une immense paupière sur un œil, tout se relèvera pour nous barrer le passage.

Nous ouvrons les yeux mais nos yeux ouvrent tout notre corps, la lumière nous dépouille, nous brillons de sa visite, et si loin que nous nous projetons sur tout, tout entier.

Nous ouvrons les yeux et tout s’agrandit, l’espace devant devient immense, nous pouvons alors marcher, avancer très vite, nous pouvons courir et passer à travers tout car nous sommes devenus à la fois très petits, si petits que nous pouvons entrer partout et même si notre corps ne peut pas entrer là, partout où nous voyons nos yeux eux le font passer avec eux, l’introduisant dans les endroits les plus infimes.

Nos yeux nous portent, nous sommes portés très haut par nos yeux.

Nous ouvrons les yeux et nous montons tout entier en eux pour faire le tour du monde qui nous entoure, nous touchons tout, nous sentons tout à mille lieues.

Si nous ne voyons pas nos yeux c’est parce qu’ils sont trop haut, au sommet du monde et que voir le monde c’est voir.

Nous voyons, parce que nous sommes tout en haut, sinon nous ne verrions pas.

Tout en haut, dans nos yeux, au-dessus du monde, nous volons. »

Jean-Luc Parant, Tout en haut les yeux


***

Quand la porte de chez-nous est fermée ne nous permettant pas de sortir du dedans au dehors,
Reste alors la fenêtre du en-nous qui peut rester ouverte de nos yeux vers le palais sans murs de notre Cœur, laissant ainsi le dehors pénétrer l’en-dedans.

Et alors, plutôt que rejoindre le monde,
Se laisser être rejoint par lui, là où l’on est ; Là où l’on en est, tel que l’on est ;
Abandonnant le besoin et/ou le devoir de se préparer, de se déguiser pour donner et se donner l’illusion d’être ce qui serait mieux que l’on est,
Passant et faisant passer l’autre à côté de soi-même pour rencontrer cet autre soi-même qui se montre lui aussi autrement que lui-même…

Profiter alors simplement de ce temps intérieur non pas pour peaufiner une prétendue « meilleure version de soi », reléguant sous le tapis de nos entrailles tout ce qui en serait le pire et le moins présentable.
Profiter de ce temps pour réaliser qu’en fait rien ne peut séparer le dedans d’un côté et le dehors de l’autre côté de la porte lorsque la fenêtre reste ouverte.
Et le là-bas que l’on attend, si l’on ne peut le rejoindre, nous rejoint là où on ne l’attend pas : là où il est en réalité déjà.

Le là-bas est ici et le Là-Haut ici-bas. Toujours. Tout le temps. Embrassant dès lors toute entière la version intégrale de ce que nous sommes.
En laissant simplement grande-ouverte notre fenêtre par laquelle Tout nous rejoint, là au cœur de nous-même, là où Cela nous attendait déjà, là où l’on peut en permanence Le rejoindre et célébrer ensemble l’Union qui jamais ne se rompt.

Marie

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Photo : Tom Fabia


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