1er janvier 2021 – Ceci n’est qu’un souhait

Depuis quelques jours, je voyais la date du nouvel an approcher et avec elle la fameuse tradition des souhaits – « bonne année et surtout la santé », etc.  – mais toujours rien ne m’apparaissait si ce n’est cette sorte de pression qui peut parfois exister chez certaines et certains (dont moi) à trouver la formule qui saura le plus toucher, celle qui exprimera le mieux en mots ce qui désire passer du cœur de son émetteur à celui de son récepteur.

J’ai suivi le fil de cette pensée juste par curiosité, pour voir où il m’emmènerait. Et il m’a portée jusqu’à « faire de son mieux »…

Les débuts d’année sont souvent propices aux nouveaux projets et aux « bonnes » – ça reste à prouver – résolutions.
Et c’est intéressant car cela permet de poser deux distinctions : d’une part celle entre ce qui est souhaité… et ce qui est réalisable (voire même ce qui est souhaitable) ; d’autre part celle entre ce que l’on est… et ce qui est.

Je souhaite alors que tous les souhaits que vous émettrez pour vous-même, tous les souhaits que vous enverrez à ceux qui vous sont chers (et aussi à ceux qui ne vous sont pas vraiment chers mais à qui vous les enverrez quand même 😉) et tous les souhaits que vous recevrez et qui vous toucheront profondément ou dont vous vous foutrez royalement (eh oui 😅)…

… Je souhaite que tous ces souhaits soient juste des souhaits et n’outrepassent pas leur rôle de souhaits.

Qu’ils puissent porter en eux l’énergie favorable à leur accomplissement et puissiez-vous cultiver en vous et autour de vous, à travers vos pensées, vos paroles et vos actions le terrain favorable à leur réalisation.
Mais puissent-ils aussi ne pas être figés et source de tension vers un « quelqu’un » à devenir ou un « quelque chose » à atteindre ; puissent-ils être adaptés, réajustés et composer avec vous, avec l’environnement, les éléments, le contexte, tout ce que l’on voit et tout ce que l’on ne voit pas aussi.

Non, cette année ne sera pas un fiasco total si, d’ici 365 jours, tu ne sais toujours pas faire chépakoisana (une posture très, très « avancée », si, si !), méditer pendant 72h d’affilée non-stop sans même aller faire pipi, interrompre tes pensées sur commande comme on appuie sur un interrupteur, aimer inconditionnellement chaque partie de toi-même et du monde entier même tout ce que tu as tant de mal à aimer, nourrir une compassion infinie et sans faille même envers celui que tu considères comme le dernier des connards, et que sais-je encore.

Et non, tu ne seras pas désigné(e) comme un(e) raté(e) complet à la fin de l’année si toutes les cases des souhaits – bonheur-amour-joie-paix-etcompagnie – n’ont pas été cochées, si une auréole ou une seconde paire de bras ne te sont pas encore poussés et si tu n’es pas encore enfin devenu(e) une sainte béatifiée de son vivant ou un énième avatar de Vishnu guruisé et encensé.

En fait, je vous – et même, allez, je nous – souhaite de semer tous les souhaits émis, envoyés, reçus – du moins ceux qui nous tiennent à cœur, les autres on peut les composter 😉 – comme des intentions à cultiver, sans tension mais avec attention, sans affliction mais avec affection, sans ambition mais avec dévotion.

En somme, investi(e)s mais pas abruti(e)s, engagé(e)s mais pas aliéné(e)s.
Abhyasa-vairagya. Dans cet équilibre où… l’on fait ce que l’on a à faire, « de son mieux » ; où l’on vit ce que l’on a à vivre, comme on peut… mais où reste aussi éveillée en nous la conscience que tout n’a pas à être tel qu’on le souhaite car ça n’est pas toujours réalisable ni même souhaitable.
Alors abandonner, s’abandonner à ce qui est, à ce que l’on est au cœur de ce qui est (et de ce qui n’est pas).

Dans cet accueil aussi à l’inespéré ; au-delà de l’étiquetage bon ou mauvais ; au-delà des résolutions et des intentions tenues, déçues ou perdues ; au-delà des souhaits et des vœux exaucés, profanés ou oubliés.

Et en laissant tomber tous les moi-je-sais comme on laisse tomber les paillettes dans la boule à neige lorsqu’on cesse de la secouer pour juste laisser apparaître, disparaître, transparaître et la surface et la profondeur au cœur même de ce que l’on est au cœur même de ce qui est… 💞

Vivante année à toutes et à tous, vous qui me lisez et pour cela merci, j’en suis touchée. ✨

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Passage – Garth Stevenson (in album « Voyage »)

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Illustration : Kent MacDonald

Gif : Alexandra Dvornikova


4 réflexions sur “1er janvier 2021 – Ceci n’est qu’un souhait

  1. Chère Marie, ces souhaits sont magnifiques de puissance… Qu’il nous soit possible d’en offrir et d’en réaliser… Ne souhaiter que simplement avec le petit espoir d’un iota de plus… Je partage pour que tes Mots s’enroulent en spirales positives autour des êtres qui les ressentiront comme moi… Merci du Coeur…

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