Et si finalement il n’y avait rien à apprendre d’autre que ?

Et si finalement il n’y avait rien à apprendre ?
Et si finalement on ne faisait toujours qu’apprendre / que prendre ce que l’on sait déjà / ce que l’on a déjà ?
Et si ce que l’on entend n’était jamais vraiment ce qui nous est dit mais juste ce que l’on en entend ?
Et si ce que l’on lit n’était jamais vraiment ce qui est écrit mais juste ce que l’on en lit ?
Car c’est en fait souvent très différent.


Tout ce que nous recevons est peut-être bien moins tel que cela nous est donné / enseigné que tel que nous, nous le prenons / l’apprenons.
Tel que nous l’avons / tel que nous le savons… déjà.
Tel que, en fait, nous sommes déjà.
Sans cela comment pourrions-nous le comprendre ?


Peut-être bien que l’on ne peut comprendre qu’à partir de ce qui est déjà en soi et qui ne fait que se reconnaître dans ce qui est donné / enseigné.
Peut-être bien que ce qui nous est donné / enseigné est en fait en nous déjà et ça n’est que de là et grâce à cela qu’on le reçoit.
Si l’on ne le reconnaissait pas, si l’on ne s’y reconnaissait pas, peut-être cela n’entrerait et ne nous toucherait tout simplement pas.


Laisserait-on entrer et recevrait-on l’inconnu que l’on ne reconnaît pas ?
La reconnaissance se fait à la porte. C’est la clé.
Porte qui alors reçoit dans un espace, non pas vide et à combler, mais infini qui jamais ne se remplit et jamais ne se tarit.
Porte ouverte vers la connaissance de Soi, de Tout, qui ne fait toujours que se reconnaître elle-même.
Porte au seuil de laquelle Judas ne trahit pas. Mais révèle.


Pourquoi avons-nous donc tant besoin de l’extérieur pour nous révéler ce que nous portons déjà à l’intérieur ?
Pourquoi tout ce processus de reconnaissance sans lequel ce qui nous est le plus intime nous resterait étranger ?
Pourquoi a-t-on donc tant besoin d’entendre hors de nous l’écho de ce à quoi sans cela on reste sourd en nous ?


Peut-être juste pour ne pas oublier que l’on ne peut se suffire seul.e à soi-même, que c’est par l’intermédiaire de l’autre que l’on peut soi-même se rencontrer et accéder à notre propre secret.
Ce qui est au plus profond de nous-mêmes peut y rester pour toujours enterré sans aucune relation pour lui permettre d’émerger.


Alors certes si certains liens peuvent enchevêtrer, bâillonner, aveugler, abîmer, égarer, ces liens là sont à fuir.
Mais tous ceux qui nous amènent à accéder à nous-mêmes, à laisser transparaître la clarté, la bonté et la paix immuables vivant au cœur de nous-mêmes, ces liens là sont à entretenir, à chérir et même, oui, à bénir.
C’est ainsi que les voiles qui séparent tombent et que les cœurs en chœur peuvent dès lors s’élever.

Et si finalement il n’y avait rien à apprendre d’autre que l’essentiel qui nous révèle à nous-mêmes ?

***


Illustration : Kitsune as aïkido master, Lena Revenko


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s