
La Nature fait pousser.
La Nature abîme aussi.
Quoi qu’il en soit,
Pousser ne prémunit pas contre le fait de s’abîmer.
S’abîmer n’empêche pas de continuer à pousser.
Dans tous les cas, ce qui élève c’est l’aptitude à sublimer.
Sublimer la croissance, sans pour autant qu’il s’agisse de la forcer, de s’en enorgueillir, de la cacher ou de l’amoindrir.
Sublimer la blessure, sans pour autant qu’il s’agisse de s’y limiter, de la porter en trophée, de la minimiser ou de la porter en boulet.
Juste sublimer.
Pas esthétiser et romantiser.
Juste sublimer.
On peut bien (se) raconter toutes les histoires que l’on pourrait le plus fantasmer.
La sublimation c’est autre chose…
C’est s’ouvrir à la transformation.
Au fait qu’au cœur de « tout ce qui est » peut se trouver son opposé, son complémentaire, sa part manquante pour que tout puisse se révéler à son entièreté.
Au cœur de ce qui croît peut se trouver ce qui est blessé.
Et inversement.
Au cœur de ce qui est blessé peut se trouver ce qui croît.
La foi, au fond, c’est de reconnaître à la fois la grâce et la gravité et que l’un porte l’autre en son cœur.
Et inversement.
Tout embrasser.
Et Tout laisser nous embrasser.
C’est ça la pratique.
C’est ça le vivant.
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Photo personnelle : Trou love, land art réalisé par dieu sait quel insecte