Pratique continue !

Prendre la statue pour le Divin qu’elle symbolise,
Prendre l’image pour le Principe qu’elle illustre,
Prendre le rituel pour l’Absolu qu’elle honore,

Cela revient parfois à attribuer des vertus à ce qui, avant que nous le faisions, en était en fait dépourvu.

Ça n’est pas tant ce que nous faisons – peu importe au fond qu’il s’agisse d’astiquer un bouddha en prière ou de faire la vaisselle du dernier repas quotidien – ça n’est pas tant ce que nous faisons qui nous élève que la façon dont nous nous y dédions, avec responsabilité, respect, sincérité, implication, abnégation, amour même, disons-le, en nous révélant à nous-mêmes ces grâces que nous ne savions peut-être même pas incarner.

La pratique, si elle est conditionnée et bornée à tout un tas de paramètres, plus ou moins idéaux, donc plus ou moins restrictifs, ne peut être que de portée limitée.
Tandis que si tout ce qui nous est donné de vivre – absolument tout – est reçu comme une opportunité de pratiquer, alors il n’y a pas de limites à ce qu’à travers toutes ces opportunités de pratique nous pouvons découvrir, connaître et intégrer.

Ça n’est pas tant l’objet, l’acte, la parole qui sont sacrés que la manière de regarder, de toucher, de faire, de dire, de taire, d’écouter, d’aimer.
Ce qui ainsi, en nous laissant plonger à sa rencontre pour la laisser s’exprimer, nous relie intimement à l’Essence de l’Être qui nous habite, nous anime et nous sublime.

Dans cette pratique continue – qui n’a ni début ni terme – c’est l’Infini qui se donne… 🤲


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Illustration : Okamoto Kiichi


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