
Yoga pour ceci, yoga pour cela, (yoga pour au-delà ?)
Yoga pour untels, yoga pour unetelles, (yoga pour un.e.tel.le.s ?)
À une époque où la pratique du yoga s’est déclinée et continue à se décliner d’une multitude de manières (la créativité en la matière paraît d’ailleurs presque illimitée) et à se particulariser de plus en plus précisément pour tel ou tel type de public spécifique, il semblerait que le yoga « tout court » s’avère pour ainsi dire à contre-courant.
On propose / on recherche une pratique pour telle ou telle problématique, pour telle ou telle aspiration, pour tel ou tel autre centre d’intérêt avec lequel l’associer pour faire du 2-en-1 plus ou moins hasardeux ; et puis pour telle ou telle catégorie d’âge, pour telle ou telle morphologie, pour telle ou telle caractéristique à laquelle on s’identifie et/ou par laquelle on se distingue, etcetera etcetera.
Alors que l’offre et la demande – l’une influençant l’autre et inversement – vont dans le sens d’une forme de sur-mesure toujours mieux calibré, le yoga « tout court » donne ainsi presque l’impression d’être « dépassé ».
Il faudrait du toujours plus spécialisé pour que chacun.e ait le sentiment que la pratique s’adresse parfaitement à lui/elle, est totalement faite pour lui/elle et réponde complètement à ses besoins et à ses envies.
La pratique « idéale » en somme.
Un peu comme un prince ou une princesse charmant.e qui nous permettrait enfin d’être heureux.se pour toujours et à jamais, dans cette vie, et même dans toutes les suivantes…
Pourtant, la pratique du yoga est surtout avant tout l’opportunité de la rencontre avec l’Inconnu, qu’Il se présente avec une couronne ou en haillons (car Il peut tout aussi bien être tantôt l’un ou tantôt l’autre et c’est très bien), cette vraie rencontre avec Tout ce que l’on ignore ou méconnaît de soi, au-delà de ce que l’on croit si bien savoir et dans quoi l’on peut avoir tant tendance à s’enfermer.
Au-delà de telle ou telle douleur que l’on cherche à soulager par la pratique, au-delà de telle ou telle identité que l’on cherche à assumer par la pratique, au-delà de tout ce dont on voudrait se libérer, au-delà de tout ce dans quoi l’on voudrait se renforcer, il y a quoi ? On est quoi ?
Est-ce qu’à la spécialiser ainsi de plus en plus étroitement, la pratique du yoga ne reviendrait-elle pas à nous mettre en bouteille ?
Une bouteille recouverte de toutes les étiquettes que l’on s’assigne en sachant que quoi qu’il en soit il faudra de toute façon rendre la consigne.
Pratiquer « tout court » ne nous inviterait pas plutôt à retourner l’entonnoir ?
Retourner l’entonnoir dans le sens de l’élargissement.
Un élargissement propice à certaines formes de révélations qui ne peuvent être possibles que là où il y a suffisamment d’espace ouvert et de disponibilité à l’Inattendu.
Là où l’on peut découvrir ce qu’il y a sous toutes les étiquettes. Là où l’on peut plonger tout.e entier.e dans l’Immensité de Tout ce qui est en nous (au coeur de la profondeur de notre intériorité) tout en n’étant pourtant pas que nous (au-delà ainsi de tout ce à quoi on se croit conditionné.e).
Qu’importe le flacon dit-on…
Ah le vertige ! C’est sûr…
Là où l’on peut rencontrer aussi d’autres que nous que l’on n’enferme pas non plus avec nous dans un entre-soi où l’on se complaît dans les ressemblances que l’on sait déjà pour pouvoir découvrir l’infinité des facettes que peut prendre le fait commun – à la fois majeur et en même temps auquel on ne peut se réduire – d’être simplement humain.
Pratique de yoga « tout court ». Points…
Pas point final.
Points…
Points d’ouverture vers toutes les perspectives qui ne sauraient être énoncées par avance dans la mesure où personne ne peut prétendre les prévoir, les prédire, les promettre, parfois même les compromettre pour pouvoir mieux les vendre.
Alors que c’est en fait à la fois tellement vaste et tellement simple qu’il n’y a en réalité rien à en dire si l’on ne veut pas dénaturer l’expérience singulière que chacun.e peut en vivre.
Pratiquer « tout court ». Points…
Qu’ainsi, tout le vivant de ce qui se livre puisse être pleinement libre et de se donner et de se recevoir, indépendamment de toute image que l’on s’en ferait.
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Photo : Prithivi mudra, Helen Pierce Breaker (1935)
Bonjour, Tout a fait d’accord avec votre approche du yoga tout court.
En effet, je n’ai pas encore trouvé de cours de yoga tout court, car chaque cours a une spécificité.
Auriez vous l’amabilité de m’indiquer un livre ( papier ) qui enseignerait le yoga.
Amicalement
ISNARDON Catherine
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Bonjour Catherine
Je ne saurai hélas vous indiquer un livre en particulier qui pourrait vous enseigner le yoga.
Je crois qu’il est intéressant de pratiquer avec quelqu’un, dans la mesure où des choses s’intègrent aussi à travers le relationnel que l’on entretient.
Néanmoins, il y a bien des livres qui ne sont pas spécifiquement estampillés « yoga » et qui d’une certaine manière transmettent parfois encore mieux l’essence de la pratique que ce qui en porte le nom.
Il est donc difficile de donner des recommandations en la matière.
Tout dépend de ce à quoi vous pouvez vous sentir réceptive, ce par quoi vous vous sentez touchée.
C’est en explorant que vous pouvez le découvrir en variant les sources pour reconnaître celles qui vous semblent les plus justes pour vous.
C’est un processus vivant.
La recherche est déjà une pratique en elle-même en fait.
Je vous souhaite tout le meilleur sur ces chemins ! 🙌
Marie
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