La Venus Lakshmi, étoile de Lumière et déesse d’Abondance

Sri Lakshmi, résidant actuellement à Yoga Sésâme, Lille

Aujourd’hui, en ce jour de nouvelle lune, au cœur de Diwali, la fête des Lumières (cf. article précédent : Diwali. Que la Lumière soit !), la déesse Lakshmi est célébrée avec faste.

Une belle opportunité d’aller à sa rencontre (pour nous attirer ses vertus, tout en restant pleinement désintéressés évidemment hein ! 😀 )…

 

Faire connaissance avec Lakshmi, Venus hindoue…

Cette figuration de Lakshmi est représentée en Lalitâsana (posture assise, jambe droite pendante, jambe gauche repliée, plante de pied en appui contre la cuisse droite), symbolisant la sérénité et la transcendance des perturbations internes.

Son siège – Muladhara Chakra (chakra-racine, situé au niveau du plancher pelvien) – repose sur une fleur de lotus qui, faisant éclore l’étendue de sa beauté dans les eaux troubles et vaseuses, représente la victoire de la pureté de la Conscience (Sat Cit Ananda) sur les souillures de l’Ignorance (Avidya) qui pèsent sur l’Ego (Asmita klesha).

On retrouve cette allégorie à la tête de Lakshmi par son auréole constituée en pétales de lotus, en référence à Sahasrara chakra (le chakra coronal ou chakra aux mille pétales), situé légèrement au-delà du sommet de la tête comme symbole de l’Eveil spirituel qui connecte et élève vers le Divin.

Il n’est pas fortuit que le lotus apparaisse à la fois sous le siège et à la cime de Lakshmi ; il nous rappelle combien il est important d’être ancré pour parvenir à l’Elévation spirituelle. Il s’agit en fait d’une allusion au parcours emprunté par la Kundalinî (l’énergie vitale) qui s’élève le long de la Sushumna (canal énergétique central reliant la base au sommet, Muladhara à Sahasrara).

Le Tikka, point tracé sur son front, entre ses deux sourcils, est la matérialisation d’Ajna Chakra (le troisième œil). Il constitue le passage, la porte par laquelle s’évacue l’encombrement des fluctuations du mental permettant ainsi à la Conscience véritable de pénétrer profondément l’Etre afin de le faire accéder à sa Nature véritable (Purusha), jusque là voilée par l’anarchie de ses pensées (Manas) et de ses sens (Indriyas).

Son abondante chevelure est relevée en chignon (Jata Mukuta) – à l’instar de Shiva – et soutenue par le bandeau (Phâlapatta) posé sur le front, comme le symbole de la réussite de l’ascèse qui parvient à discipliner la nature fougueuse et sauvage des fluctuations du mental (Citta Vritti), comme un barrage canalisant les eaux turbulentes du Gange.

Les deux boucles d’ornement suspendues à ses oreilles sont la représentation des chemins de connaissance intellectuelle (Sâmkhya) et intérieure (Svâdhyâya), indispensables à l’Intégration dans la Transcendance de l’Existence.

A chacun de ses quatre poignets, elle porte un bracelet comme symbole de chacun des quatre piliers de la vie, selon le Yoga : le plaisir (Kâma), le but de l’existence (Artha), l’éthique (Dharma) et la libération (Moksha). Il suffirait qu’un de ces quatre piliers vienne à manquer pour que le chemin de vie soit bancal et déséquilibré, source d’afflictions faisant obstacle à la Félicité (Ananda).

Sa main gauche inférieure (main élevée et ouverte, doigts joints et tendus vers le haut) est placée en Varada Mudrâ, geste du don : accueil, compassion et accomplissement. Chacun des cinq doigts de cette main représente chacun des 5 Yamas (l’éthique relationnelle) : Ahimsa (la non-violence), Satya (la vérité), Asteya (l’honnêteté), Brahmacharya (le respect), Aparigraha (la non-possessivité).

Sa main droite inférieure (main basse et ouverte, doigts joints et tendus vers le bas) est disposée en Abhaya Mudrâ, geste de l’absence de peur : réconfort, protection et bénédiction. Chacun des cinq doigts de cette main représente chacun des 5 Niyamas (l’éthique personnelle) : Sauca (la pureté), Samtosha (le contentement), Tapas (la discipline), Svâdhyâya (l’étude de soi), Ishvarapranidhâna (l’abandon du sentiment de toute-puissance).

La main gauche supérieure tient une coquille de conque (Shankha), symbole de la Création, dont la cavité permet la résonnance et la diffusion du son primordial « Om », son de la respiration divine, présent dans tout l’Espace et à l’origine de l’Univers.
La coquille de conque est aussi le symbole du Yoni (triangle creux, pointé vers le bas), qui matérialise l’énergie féminine (Shakti), traditionnellement représentée du côté gauche (d’où le fait qu’il soit porté dans la main gauche).

La main droite supérieure tient une massue d’or (Gadha), symbole de bravoure et du pouvoir de Connaissance, capable de tout détruire (sauf ce qui est éternel) si la discipline de vie est bafouée afin de favoriser la renaissance et la reconstruction.
La massue d’or est aussi le symbole du Lingam (phallus), qui matérialise l’énergie masculine (Shiva), traditionnellement représentée du côté droit (d’où le fait qu’elle soit portée dans la main droite).

Pour terminer, son torse est traversé par trois fils (de l’épaule gauche à la hanche droite ; de l’épaule droite à la hanche gauche ; et, au centre, comme collier). Ces trois fils représentent chacune des trois lettres du son «AUM » (« Om »), associée à chacune des divinités de la Trimûrti (« trinité » hindoue) : le « A » pour Brâhma (création), le « U » pour Vishnu (protection) et le « M » pour Shiva (transformation). Ils rappellent également chacun des trois canaux énergétiques principaux : Ida (naissant de la narine gauche), Pingala (naissant de la narine droite) et Sushumna (le canal énergétique central, du périnée au sommet de la tête).

 

Venus, ou étoile du berger, vue de la Terre dans le Ciel de nouvelle lune
Lakshmi sous un autre jour… (enfin… sous une autre nuit, plutôt… 😉 )

 

Lakshmi, une déesse-étoile incarnant la Lumière et le Tout…

Dans la cosmogonie hindoue, les planètes – qui sont au nombre de neuf (« Navagrahas ») – ont un impact déterminant sur la structure des mondes, influençant la vie des Etres vivants ainsi que l’environnement dont ils font partie intégrante. Cette influence des planètes étant associée à la puissance des dieux, les Hindous orientent leurs intentions à l’égard de telle ou telle divinité planétaire afin qu’elle les accompagne, les soutienne et leur attire des grâces dans leurs vies.

Dans l’astrologie védique, la planète Venus est appelée « Shukra » en sanskrit, ce qui signifie littéralement « sperme », comme métaphore à toute essence raffinée dotée d’une énergie créatrice : l’Amour, la Nature, la Joie, la Beauté, la Musique, etc.

Venus favorise l’inscription des Etres dans l’Ici et Maintenant, dans le goût de ce qui leur est présentement offert, en sublimant chaque don que la Vie leur fait.

Dans la culture occidentale, Vénus est appelé « l’étoile du berger » en référence à l’épisode biblique à l’origine de l’Epiphanie : la puissante lumière de la planète Venus dans le ciel de la nuit de la naissance du Christ (Noël) guida les pas des trois rois mages venus apporter de l’or, de l’encens et de la myrrhe pour célébrer l’incarnation divine.
En Inde, Venus est représentée par la déesse Lakshmi, allégorie de la prospérité, de la bonne fortune, de l’allégresse, de l’Amour et de la Beauté.
L’unique haut plateau – de nature volcanique – de la planète Venus est d’ailleurs nommé « Lakshmi Planum », probablement en allusion à la déesse…

Vue de la Terre, à hauteur d’Homme, la planète Venus, ou étoile du berger ou encore déesse Lakshmi, n’est qu’un tout petit point lumineux dans l’infinie obscurité du ciel, d’autant plus un jour privé de la lueur de la lune comme aujourd’hui (nouvelle lune). Un tout petit point lumineux qui, s’il disparaissait, remarquerait-on sa disparition ?

Et pourtant ce tout petit point qui, en apparence, ne sert à rien, est plein de sens, plein d’importance. Qui devinerait que ce petit point contient autant de symboles que tous ceux énoncés précédemment (attributs de Lakshmi) ? Ce tout petit point est en fait essentiel au ciel qui, dépourvu de sa lumière, serait plongé dans les profondeurs de son obscurité.

La Lumière, même la plus petite, offre de tout son cœur l’étendue de sa présence et de sa puissance à ceux et celles qui savent lui prêter leur attention.

Vus du Ciel, à hauteur d’étoile, nous, êtres humains, nous ne sommes rien d’autre que des petits points nous aussi. Il n’appartient qu’à nous de faire briller l’intensité de notre Lumière intérieure lorsque l’on vient à déplorer les parts sombres du Monde et ce, précisément car notre vie constitue une des parts de ce dernier.

Nous sommes des petits points qui ne servent à rien mais c’est mieux que rien.

Pas moins que rien. Pas bon à rien. Pas pire que rien.

Mieux que rien.

Bien mieux que rien. Tellement mieux que rien. Infiniment mieux que rien.

Et plus nous ne servons à rien, plus nous sommes Tout.

Nous ne sommes pas là pour quelque chose, nous ne sommes pas là pour quoi que ce soit.

Nous sommes là. Juste là. Rien que là. Et c’est Tout.

Tout est là.

Nul autre besoin.

Il n’est besoin de servir aucune fin puisqu’il n’y a pas de fin.

Pas de Fin.

Nul besoin de chercher à évaluer notre valeur et nos valeurs à l’aune de notre utilité ou de leur intérêt.
Notre simple présence suffit à justifier que nous existons.
Pourquoi chercher à l’extérieur – dans nos exigences à notre égard et dans le regard de l’autre – l’approbation du bien fondé de la présence de notre existence ?
Sans chacun de nous, le monde serait incomplet.
Alors, même si nous ne servons à rien, nous valons plus que tout.
Nous sommes là, donc nous valons plus que tout.
Nous sommes en tout et Tout est en nous.
Alors les mieux que rien que nous sommes valent plus que tout.
C’est Tout.

Comme Venus, nous ne sommes en fait pas des petits points qui ne servent à rien.
Comme Lakshmi, nous sommes nous aussi une étoile qui brille par sa présence, qui éclaire la Terre de notre Lumière et qui portons l’Univers tout entier en nous.

Voilà l’abondance que symbolise Lakshmi, Venus, l’étoile du berger, peu importe comme on l’appelle… : Tout, absolument Tout est en nous. Et pour cette raison, nous sommes loin, très loin, d’être rien.

***

Photos :

– Sri Lakshmi, résidant actuellement à Yoga Sésâme, Lille 😉

– Venus, ou étoile du berger, vue de la Terre dans le Ciel de nouvelle lune… A moins que ça ne soit l’un de nous, vu du Ciel sur la Terre… 😉


3 réflexions sur “La Venus Lakshmi, étoile de Lumière et déesse d’Abondance

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