Du sol au Ciel, ta Vie t’attend

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Un jour, en cours, une des pratiquantes – que j’étais sur le point d’accompagner à pratiquer Urdhva-Dhanurāsana après avoir guidé tout au long de la séance de quoi préparer cette posture sans avoir révélé que l’intention de tout cela était d’arriver à ça – m’a dit ceci, paniquée : « Non, non ! Je ne sais pas faire ça, moi ! Je n’ai jamais su le faire de toute façon ! »

Alors je lui ai répondu cela : « Moi non plus je n’avais jamais su le faire avant de savoir le faire… et pourtant… »

Et elle a essayé.

Avec des étapes intermédiaires.
Mais elle a essayé.
Avec des efforts.
Mais elle a essayé.
Des efforts pas tant que ça pour recruter la force et la souplesse nécessaires dans son corps en fait.
Des efforts plutôt et surtout pour s’émanciper de son mental et de ses pensées propices à l’auto-sabotage.
Elle a essayé.
Ce fût laborieux.

Mais elle y est arrivée.

Du sol au Ciel, elle s’est élevée, libérée des pensées qui l’emprisonnaient.

Et à l’issue de cette séance, elle ne pouvait plus dire : « Je ne sais pas faire ça, moi ! Je n’ai jamais su le faire de toute façon ! »

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***

Si nous laissons notre mental nous gouverner par les limites qu’il nous fait croire avoir, en bon enfant obéissant, nous n’oserons jamais ne serait-ce qu’essayer de les franchir alors que pourtant…

Nous sommes bien plus vastes que ce à quoi il aimerait nous borner !

Si nous laissons notre esprit nous dire que nous sommes trop jeune, puis trop vieux ; trop petit ou bien trop grand ; trop frêle ou bien trop lourd ; pas assez fort ou pas assez souple ; pas assez méritant ni assez intéressant ; pas assez digne de réussir, ni même de vivre, et encore moins d’être aimé ; etc etc etc…

… Souvenons-nous encore et encore et encore de cela : « Avant de savoir faire quelque chose, personne ne sait le faire. » (Voir article suivant : Pourquoi la notion de « débutant » n’existe pas en Yoga ?)

Que ce soit une posture…

Mais aussi marcher, parler, écrire, danser, chanter, aimer… ou même vivre…

Nous avons tout à apprendre et ça tombe bien parce que nous sommes là pour ça !

Lorsque l’on n’essaie pas, étant persuadés que l’on ne sait pas parce que l’on ne l’a jamais fait, alors oui on fera de notre mental un mental satisfait : oui, il a raison, on ne sait pas et on ne saura jamais car l’on ne s’offre même pas la chance et le bonheur d’essayer, il a donc raison.

Mais quel intérêt de lui donner raison alors qu’il ne sait même pas de quoi il parle puisqu’il ne se base que sur des suppositions frileuses alors que nous sommes faits pour expérimenter l’ardente vérité ?

Avant de savoir faire quelque chose, bien sûr que nous ne savions pas le faire mais cela ne signifie pas que nous ne sommes pas faits pour ça !

Non !

Nous sommes faits pour connaître cette liberté de tout faire… et surtout de tout être, de tout vivre et de tout créer, et pour aimer et pour être aimé tout entier.

Sinon quel sens aurait notre présence ici si nous nous contentions de restreindre notre champ de vision et d’action au connu sous prétexte que l’inconnu n’est justement pas connu, de marcher dans nos vies sur la pointe des pieds, de nous couper les ailes de crainte de tomber trop bas ou au contraire de voler trop haut, d’ouvrir notre Cœur qu’a moitié de peur qu’il soit abîmé si on le déployait en entier, …

Avant et après être là tels que nous sommes, nous n’étions pas et nous serons plus là.

Pour l’instant, cet instant, ce précieux instant, qui peut durer presque une éternité et qui pourtant peut s’arrêter à tout moment, nous sommes là.

Alors autant essayer d’être complètement là, et au-delà même des limites fantasmées par notre esprit qui est quant à lui bien trop petit pour savoir à quel point nous sommes en fait infinis…

***

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Du sol au Ciel, ta Vie t’attend

Si l’on se maintient les pieds scellés au plancher comme une statue, figé de peur à l’idée de s’écrouler et de succomber sous les décombres si l’on se risquait à les décoller, alors on ne pourra jamais avancer et s’ériger d’un cil.

Si l’on se maintient les yeux enfermés dans l’obscurité, sombre de peur à l’idée d’être ébloui jusqu’à la cécité si on se laissait tenter d’ouvrir les volets pour y faire pénétrer les rayons du Soleil, alors on restera à jamais aveugle à la Clarté de la Lumière.

Si l’on se maintient le cœur cadenassé à triple tour, mort de peur à l’idée qu’il soit cambriolé, saccagé et vidé si l’on osait le déverrouiller, alors on laissera le précieux joyau qu’il protège s’oxyder et se ternir jusqu’à s’asphyxier et dépérir.

Ouvre ta voie, tes yeux, ton cœur, tes ailes. N’attends pas que la peur cède.
Du sol au Ciel, c’est ta Vie qui t’attend.

***

***

Dessin d’un ami, merci Sébastien Cenci ! 🙂

Illustration : Urdhva-Dhanurâsana, Nancy VanKanegan

Sculpture : L’Envol, Christian Burger


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